J'avais dix ans et j'étais en classe de sixième. Nous étions début juin et je devais faire ma profession de foi et ma communion solennelle avec mes camarades de l'aumônerie où j'allais au catéchisme à la fin de la semaine. La profession de foi devait se dérouler le vendredi soir, la communion solennelle le samedi matin, et pour conclure il y aurait une messe le dimanche. Pour les trois occasions nous devions porter l'aube blanche qui nous avait été prêtée, ce dont je me faisais une grande joie. A partir du mardi après-midi, nous avons suivi pendant la journée une retraite de préparation dans une église du quartier, l'église Ste Geneviève. le mercredi, je suis rentré assez tôt l'après-midi à la maison, vesr quatre heures, et j'ai commencé à me faire à goûter avec pain et confiture, sans retenue. A plusieurs reprise, pendant une bonne heure, je suis retourné à la cuisine me faire de nouvelles tartines. Ma mère, qui se reposait au salon sur le canapé, s'en aperçut, mais ne fit rien pour modérer ma goinfrerie. Quand vint l'heure du dîner, je n'avais donc plus guère d'appétit, mais je ne le dis pas et arrivai à manger tout mon repas en me forçant un peu. Je me souviens que j'étais un peu inquiet, car je renonçai aux petits gâteaux qui terminaient le dîner, et les gardai pour plus tard. Je ne me souviens plus de ce qu'il y avait au dîner par aillleurs. J'ai dû aller me coucher vers neuf heures, comme d'habitude. Je me suis endormi rapidement, à peine avais-je posé ma tête sur mon oreiller dont je ne me rappelle plus la couleur de la taie, ni celle des draps, mais sans doute à cette époque étaient-ils blancs. Mais mon sommeil fut de courte durée, car environ une heure après je me souviens m'être réveillé, ce qui m'inquiéta. Pendant au moins une demi-heure, je me suis tourné et retourné dans mon lit. L'idée de l'indigestion commençait à s'imposer, car cela m'était déjà arrivé l'année précédente après avoir trop mangé au dîner, et, pris d'envies de vomir croissantes, sentant des remontées de plus en plus fortes se faire vers ma bouche, je dus vite me lever de mon lit pour avoir juste le temps d'arriver aux cabinets voisins de ma chambre et j'avais vomi dans la cuvette un torrent jaune de mon dîner où j'avais repris plusieurs fois de la purée de pomme de terre  Ma mère, alertée par mes apppels, était arrivée pour constater avec soulagement que le vomissement n'avait éclaboussé que la cuvette. Le lendemain, racontant mon indigestion à la femme de ménage, elle dit en souriant : "Heureusement, il a eu l'intelligence de vomir dans la cuvette". 

    Cette fois-c dDonc, je suis resté réveillé un moment, me remémorant ce que j'avais mangé à quatre heures, essayant de me rassurer en me disant que je n'avais pas tant mangé que cela, mais au bout de peut-être une demi-heure, je sentis soudain une grande faiblesse m'envahir tout entier. Au même moment je sentis une irrésistible remontée se faire vers ma bouche. Aussitôt je me suis levé de mon lit très vite, la main contre la bouche, et j'ai couru encore aux cabinets. Cette fois-ci encore je réussis à aller au-dessus de la cuvette pour y vomir un flot rose, dont une partie alla éclaboussr le siège.